L’Université du Sine Saloum El-Hâdj Ibrahima NIASS (USSEIN) a procédé, le mardi 10 février 2026 à Kaolack, au lancement officiel du projet USSEIN-ASEC/TAGDev 2.0, une initiative majeure dédiée à l’autonomisation des jeunes et des femmes à travers l’entrepreneuriat agricole.

La rencontre s’est tenue dans le cadre d’une réunion du Comité Régional de Développement (CRD), sous la présidence du Gouverneur de la région de Kaolack, Mouhamadou Moctar WATT, en présence du Recteur de l’USSEIN, le Professeur Diégane DIOUF, du Vice-recteur et coordonnateur du projet, le Professeur Cheikh TIAW, ainsi que de nombreux acteurs territoriaux, services déconcentrés de l’État, organisations de la société civile et partenaires techniques.

Financé par la Fondation Mastercard avec l’accompagnement du RUFORUM (Réseau Africain des Universités Agricoles), le projet ambitionne de renforcer l’employabilité et la création d’emplois durables dans les chaînes de valeur de l’arachide et de l’oignon, deux filières stratégiques pour l’économie agricole de la région de Kaolack et du pôle territoire centre.
Présidant la cérémonie, le Gouverneur de Kaolack a salué la portée stratégique de l’initiative.
« Ce projet s’aligne parfaitement sur les orientations de l’État en matière de promotion de l’emploi des jeunes et des femmes. Il ne doit plus être uniquement celui de l’USSEIN, mais devenir un projet porté collectivement par toute la région de Kaolack », a déclaré Monsieur Mouhamadou Moctar WATT.

Il a également rappelé que, malgré les efforts importants consentis par les pouvoirs publics, la demande d’emploi demeure forte, nécessitant des réponses innovantes et adaptées aux réalités locales.
« L’intérêt majeur de ce projet est qu’il adapte la problématique de l’emploi au contexte de notre territoire, en valorisant ses importantes potentialités agricoles », a-t-il ajouté.

D’une durée de trois ans, le projet mobilise un investissement initial de 200 millions de francs CFA, avec pour objectif la création d’environ 9 000 emplois directs, sans compter les effets induits en matière d’encadrement, de formation et d’accompagnement.

Les échanges au sein du CRD ont permis d’identifier plusieurs défis majeurs, notamment l’accès à la terre, au financement et aux facteurs de production, en particulier l’eau.
« Lorsqu’on parle d’entrepreneuriat agricole, l’accès au foncier et au financement reste incontournable. Trop souvent, des jeunes formés peinent à démarrer leurs activités faute de moyens », a souligné le Gouverneur.

Pour le Recteur de l’USSEIN, le Professeur Diégane Diouf, le projet constitue une réponse concrète aux défis de l’emploi et de l’employabilité.
« La question de l’emploi des jeunes est aujourd’hui stratégique et prioritaire. Ce projet vient en complément des initiatives de l’État et traduit l’engagement de l’USSEIN en faveur d’un développement inclusif et durable », a-t-il affirmé.

En tant qu’université à vocation agricole, l’USSEIN a fait le choix stratégique d’intervenir sur des chaînes de valeur structurantes pour la zone du Sine Saloum.
« L’arachide, pilier du bassin arachidier, mais aussi l’oignon et le maraîchage, offrent de réelles opportunités de création de richesse et de diversification des revenus, notamment à travers les cultures de contre-saison », a expliqué le Recteur.

Le projet s’articule autour de quatre axes majeurs : la formation et l’employabilité, la création et l’accompagnement des emplois, la prise en compte des enjeux environnementaux et l’institutionnalisation pour garantir la durabilité des actions.
De son côté, le coordonnateur du projet, le Professeur Cheikh TIAW, a insisté sur la dimension partenariale de l’initiative.

« La tenue de ce CRD marque le point de départ d’un processus collaboratif. Il s’agit de co-construire la feuille de route du projet avec l’ensemble des acteurs locaux, dans une logique de synergie et de complémentarité », a-t-il précisé.